L’arche de Noé de la biodiversité

Haricots colombiens, lentilles d’Irak, blé français… Depuis dix ans, aux confins de la Norvège, des graines du monde entier sont stockées dans un immense coffre-fort. Notre reporter a visité ce bunker, ultime refuge de notre patrimoine agricole.

Mains nues et parka grande ouverte, Asmund Asdal semble insensible au froid. En ce mois d’octobre, le vent est pourtant glaçant et le mercure avoisine le zéro degré. Au Svalbard, l’hiver arrive tôt et sans prévenir. Cet archipel norvégien accroché au-dessus du cercle arctique, se situe à 1000 kilomètres du pôle Nord. Sur ses 30 îles, recouvertes à 60 % de glaciers, deux sont habitées. La plus grande, Spitzberg, compte quelque 3000 résidents, vivant pour la plupart à Longyearbyen, la ville la plus septentrionale de la planète, coincée au fond d’un fjord.

Dans ce décor de bout du monde, Asmund s’active dans une lueur de point du jour. Bientôt, il fera nuit en  permanence et pour quatre mois. Le grand gaillard norvégien empoigne la dernière des caisses entassées dans une camionnette, avant de pénétrer dans un étrange bâtiment. Une rampe de béton, s’enfonçant dans la montagne brune coiffée de neige. Il ressort quelques secondes plus tard, les mains vides : « Mission accomplie.» Asmund vient de déposer quelques centaines d’échantillons, venus tout droit de Colombie. « Des haricots et des espèces fourragères, principalement, envoyés par le Centre international d’agriculture tropicale», précise-t-il.

Pour comprendre ce que ces haricots tropicaux viennent faire sur les rives de l’océan Arctique, une précision s’impose. Asmund Asdal est le coordinateur du Global Seed Vault, une immense banque de graines ouverte ici il y a dix ans. Son coffre-fort, creusé à 120 mètres sous le sol gelé, a été conçu pour accueillir des copies de l’ensemble des semences agricoles de la planète, et pour les préserver des guerres, des catastrophes naturelles, du changement climatique, de l’agriculture intensive et autres maux menaçant la biodiversité.

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